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Ce ne sont pas
les paysans qui sont dangereux.
Monsieur Kappeler
prétend que la Suisse serait bien plus attractive sans vaches et sans
paysans, que les touristes sont fatigués de voir des petites parcelles
cultivées et il souhaite que la forêt et la friche reprennent leurs
droits. Propos choquants et provocateurs qu’il faut prendre avec
sérénité. N’oublions pas que ce Monsieur tourne régulièrement sa veste,
un jour il défend l’ouvrier au travers de l’union syndicale et le
lendemain prône le libéralisme pur et dur. J’ai lu un article où il
disait : « La Suisse doit gaiement donner tout son éclat à la beauté du
pays, faire de vallées entières des régions de tourisme intégrées et
ainsi gagner honnêtement de l’argent avec les riches de ce monde ».
Aujourd’hui il dit qu’il faut trucider les paysans qui justement donnent
cet éclat au pays.
Que M. Kappeler se
rassure, la politique agricole n’a pas attendu sur lui pour réagir, la
moitié des paysans suisses sont déjà en voie de disparition.
L’agriculture fait des efforts considérables pour s’adapter à son temps.
Ces dernières années la campagne bouge, évolue et s’adapte avec souvent
de grandes souffrances.
Mon souci est que
des enseignants de hautes écoles en administration publique tiennent un
tel discours. Ils forment les technocrates qui seront les décideurs de
demain et je pense que ce sont eux qui sont dangereux pour notre
société. Si aujourd’hui le monde rural qu’il soit suisse ou européen
n’est plus payé pour son travail nourricier, c’est en partie grâce à ces
gens qui ont perdu le sens des vraies valeurs du travail de la terre et
de la nourriture qui se mérite. Si M. Kappeler préfère manger des
aliments importés à vil prix avec un bilan écologique déplorable, il n’a
pas le droit de les imposer aux consommateurs qui font confiance aux
produits suisses de qualité et qui souhaitent soutenir une agriculture
de proximité.
Monsieur Kappeler
vous mériteriez d’avoir faim.
DSavary novembre 2003
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