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2010
2022
2035
2043 |
Les
produits alimentaires de base ne sont plus payés aux paysans à leur
juste valeur. Il y a bien les paiements directs, mais les hommes de la
terre ne sont plus motivés. Au début des années 2000, le chef de
l'économie publique ( je ne me rappelle plus son nom), voulait faire
comme les Américains. Mondialisation, Euro-compatible,
centralisation, il n'avait que ces mots-là sur les lèvres. Le nombre
d'exploitations agricoles a diminué de moitié. Les régions de
montagne se sont vidées. Les importations de produits agricoles ont
décuplées. Le peuple est content, il mange mal mais pas cher. L'anorexie et l'obésité tuent
plus que la cigarette.
Les
réserves de pétrole diminuent inéluctablement, les transports
deviennent hors de prix. Le conflit armé qui déchire le
Moyen-Orient n'arrange rien. La guerre civile déclenchée par les habitants affamés
de l'est de l'Europe est à nos portes. Les trois tunnels du Gothard sont
fermés à cause de la révolte paysanne du nord de l'Italie. Les
habitants de la Suisse n'osent plus partir en vacances et le Conseil
Fédéral s'inquiète.
Les ministres demandent un entretien avec
les responsables de l'Union Suisse des paysans. Le discours ne laisse
plus de place aux sourires : " Les Américains ne nous livrent
plus, le peuple suisse a besoin de vous de grâce, donnez-nous à manger". L'organisation faîtière pense qu'il ne sera
pas facile de motiver ses membres car le peu d'agriculteurs qui
reste encore en Suisse n'ont plus l'habitude de produire. Après tout,
depuis toutes ces années, ils sont devenus des spécialistes de la
chasse aux paiements directs, des fonctionnaires en salopette, des
écolos de première.
Fait historique, les dirigeants de Migros et
Coop manifestent devant une ferme en Gruyère (il n'y a plus de paysans
à Zürich). Ils supplient le monde agricole de se remettre au travail,
ils sont prêts à payer le prix. Après d'âpres négociations,
les agriculteurs recommencent à nourrir le peuple. La grande
différence avec le début des années 2000 c'est que cette fois ils
sont payés. Deux ans plus tard, une phrase
est ajoutée à la constitution :
"Les paysans suisses ont droit au respect et à la dignité".
Vous voyez mes amis paysans, il faut être
optimiste. Le monde est ingrat mais la raison fini toujours par
l'emporter.
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