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Mondialisation,
un jeu de couillons.
La mondialisation est un mot à
la mode aujourd'hui, c'est formidable de pouvoir acheter des souliers bon
marché provenant de l'autre bout du monde. Comment pourrions nous vivre
sans les gadgets inventés au Japon et qui transforment nos enfants en pro
de la gâchette. Nous profitons du réseau Internet et le génie des
informaticiens d'outre-atlantique nous rend bien des services.
Heureusement que la mondialisation existe sinon nous ne pourrions pas
rouler en voiture car la suisse n'en fabrique pas. Et le pétrole, on a de
l'eau mais pas de pétrole il faut donc bien l'importer. Et puis en contre
partie, nous pouvons aussi exporter. En Suisse un franc sur deux est gagné
grâce à l'exportation. Tout cela, c'est le côté positif du commerce
mondial. Mais il faut être vigilant car la globalisation permet également
tous les excès.
Le problème est que nos décideurs politiques et financiers en veulent
toujours plus. Tu leur donnes la main, ils t'arrachent le bras. Depuis
quelques années, ils ont même décidé de mondialiser l'agriculture. On
peut le faire avec les biens et les services pourquoi pas avec la
nourriture. Pour quelles raisons les américains seraient-ils les seuls à
bouffer de la merde, tout le monde a le droit d'en profiter. On donne tous
les pouvoirs aux multinationales de l'agroalimentaire et de la chimie. Elles
travaillent déjà ensemble pour nous proposer de bons petits plats surgelés.
Ces entreprises vont nous arroser très bientôt d'organismes génétiquement
modifiés (OGM). L'industrialisation de l'agriculture fait partie du plan,
les pays exportateurs de nourriture arrivent sur les marchés avec des
produits compétitifs. On comprend mieux la compétitivité quant on sait
que pour vivre un paysan américain doit garder au minimum deux cents
vaches, les piquer aux hormones de croissance et leurs couper les queues
parce qu'il n'a plus le temps de les laver. C'est super, avec de telles
techniques de production, c'est possible de produire du lait à quarante
centimes le litre. Et encore j'évite de parler de la production
industrielle de poulet, poisson ou légumes. Les industriels de
l'alimentation sont prêts à nous mettre n'importe quoi dans l'assiette,
pourvu que les actions montent.
On commence à subir les premiers signes de ce marché mondial basé
uniquement sur le fric. Les farines animales dans l'alimentation des
bovins, les poissons aux antibiotiques, la viande US aux hormones sont les
premiers exemples. Les consommateurs n'ont plus confiance et ne sont pas
contents, mais à mon avis une bonne partie d'entre eux sont complices de
ce désastre car ils entrent dans le magasin avec de
bonnes intentions, mais en face du rayon, achètent au meilleur marché
sans se soucier de la provenance des produits. En Suisse, nous avons une sécurité alimentaire au dessus
de la moyenne, la protection des animaux la plus sévère au monde, des
exigences écologiques très strictes pour la production agricole. Malgré
cela, les consommateurs suisses achètent des œufs de poules européennes
élevées en batterie, du mouton de Nouvelle Zélande qui a consommé plus
de kérosène pour arriver chez nous qu'il a bu d'eau dans toute sa vie de
mouton, du poulet de Chine dont on a jamais contrôlé les conditions
d'élevage, etc...
Je souhaite que tous ces scandales dus à la mondialisation et à la
course aux bénéfices nous fassent tous réfléchir. En premier lieu
notre gouvernement ne doit plus autoriser l'importation de produits
alimentaires qui ne remplissent pas les conditions suisses, il doit mettre
sur pied sans tarder un organe de contrôle des fraudes. Si j'écoute
notre chef de l'économie, Pascal W Couchepin, on n'est pas sorti de l'auberge. L'ampleur de
la catastrophe n'a pas l'air de l'empêcher de dormir, il dit plutôt que
la globalisation est le moteur du progrès. Il devrait discuter avec les
plus âgés, ils ont connu un grand "mondialisateur" dans la
première moitié du vingtième siècle,
il s'appelait ...Adolf Hitler.
DSavary mars 2001
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